Méfiez-vous de Bruno Bressolin.

Bruno Bressolin est né d’une brève rencontre entre Rocco Siffredi et Nessie, la star du porno et le monstre du Loch Ness.

Coté paternel, il a hérité de ce goût pour le sexe et le renifle partout où le profane ne le soupçonne même pas : sur la neige immaculée, dans l’eau opaque du lac, parmi les ruines antiques… Son dessin pénètre sans aucun aménagement les lieux sacrés

Méfiez-vous de Bruno Bressolin. Et de ses dessins volées. Il s’immisce dans tous les recoins, se dresse, veut se repaître. Il vient de cracher une série de papiers encrés après avoir intercepté une conversation entre deux jeunes femmes évoquant le rêve intime de Freud… « Information, réaction, c’est tout con ! » dirait l’animal. Sauf que Bressolin à l’art de dégrader les icônes pour les ratatiner dans un cri terriblement humain. Et selon une formule tenue secrète dans ses carnets. Barbe Bleue garde les clés.

Il est difficile de prouver l’existence d’un monstre qui sommeillerait chez ce peintre-plasticien. Comme Nessie, il a la terrible manie ne pas vouloir se montrer quand il le faudrait. Lumière écrasante ou naturelle, indices posés dans ses décors comme pour une chasse au trésor, il a pu abuser bon nombre de témoins de bonne foi sur ses réelles intentions. Bressolin mystificateur, imposteur, manipulateur ? Le monstre fait des vagues.

Méfiez-vous de celui qui vous apparaîtriez sans queue ni tête. Et si, malgré ces avertissements, vous vous entêtiez à percer l’univers Bressolinien, alors souvenez-vous de la prophétie d’Yves Bonnefoy : « Contre qui luttons-nous jamais sinon contre notre double ? Contre cet autre en nous qui cherche à nous faire entendre que le monde n’a pas de sens ? » 
Virginie Roussel

 

 

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